Nos origines

Une présence amérindienne

Les premiers habitants du territoire américain sont les Amérindiens. Suite à la fonte des grands glaciers qui recouvraient le continent, ce peuple s'est dispersé et quelques-uns sont venus s'installer sur les terres du Québec actuel.

Les principaux peuples qu'on y retrouvait étaient les Iroquois et les Algonquins. Les premiers étaient sédentaires. Il semble que ce soit la seconde famille soit les Algonquins, qui ait peuplé la première le canton de Milton et sa région. Ces Amérindiens nomades vivaient de chasse, de cueillette et de pêche; ils se déplaçaient donc toujours en fonction de leur nourriture. Ils n'avaient pas de demeure fixe. On peut donc imaginer que notre territoire n'était pour eux qu'un lieux de passage.

Township of Milton

En 1760, les Britanniques s'emparent de Québec et le pays passe définitivement entre les mains britanniques en 1763. Quelques habitudes de vie sont bouleversées, mais le clergé catholique, après négociation, garde ses pouvoirs. C'est ce qui semble avoir sauvé nos coutumes et notre langue française. Des miliciens anglophones, quelques années après leur service au Canada, se font offrir des terres sur le territoire québécois. Ce sont les premiers immigrants anglophones sur nos terres françaises.

Le premières terres de Milton, après avoir été fréquentées par les Amériendiens, ont été données à des miliciens britanniques, entre 1775 et 1776. De celles-ci, peu semblent avoir été habitées par ces mêmes Britanniques. Pour plusieurs, leur lot a été simplement vendu à d'autres gens (anglophones ou francophones) plus sérieux de coloniser un nouveau coin du pays.

Suite à ces donations, le 29 janvier 1803, le canton de Milton a été proclamé par le roi Georges III d'Angleterre. Ceci officialisait un nouveau territoire à coloniser et à développer.

Le canton de Milton, par ses frontières, se définit comme suit: «Borné au nord, par le canton d'Upton; au sud, par le canton de Granby; à l'ouest, par la seigneurie de Saint-Hyacinthe; et à l'est, par le canton de Roxton.» Il a une superficie de huit milles de front sur huit mille de profondeur. C'est-à-dire, du lac de Roxton à la rivière Noire (est-ouest) et du onzième rang de Saint-Valérien au premier rang de Sainte-Cécile-de-Milton (nord-sud).

Les principales rivières qui sillonnent le canton de Milton sont la rivière Noire et la rivière Mawcook. La rivière Noire, ou branche de la Yamaska, sépare la seigneurie de Saint-Hyacinthe du canton de Milton (nord-ouest). Elle se déverse à Saint-Pie dans la rivière Yamaska. La rivière Mawcook, plus petite que la précédente, prend sa source dans le lac Roxton et se déverse quelques kilomètres plus loin à Saint-Pie, dans la rivière Noire. Par contre, elle se situe presque entièrement dans le canton de Milton (est-ouest). Ces rivières seront très importantes pour le développement du village de Sainte-Cécile.

Les routes sont plutôt rares au début de la colonisation. Habituellement, elles se situent aux divisions de lots, comme dans les seigneuries voisines déjà très peuplées. On évite ainsi de morceler les lots.

La principale différence entre la seigneurie, comme celle de Saint-Hyacinthe et un canton, comme Milton, est la forme du territoire. La seigneurie se divise en plusieurs petits lots étroits sur la façade mais profonds. Le canton, lui, a de petits lots de forme plutôt carrée. Malgré que notre territoire soit un canton, les lots de Milton ont surtout une forme allongée, comme dans une seigneurie. C'est une influence probable de la seigneurie de Saint-Hyacinthe qui partage une longue frontière avec le canton de Milton.

Le choix du nom

Il est fort probable que le nom du canton de Milton provienne du nom d'un village d'Angleterre, comme un peu partout dans les Cantons de l'Est. Mais une autre opinion dit que le nom du canton de Milton viendrait d'un certain Milton Reynolds (colonisateur) et le patronage de Sainte-Cécile aurait été donné en l'honneur de sa femme: Cécile Connolly. Il se pourrait également que le patronyme de Sainte-Cécile provienne d'une certaine Cécile Morissette, née Trépanier présent lors d'une assemblée au début de la colonisation.

La première affirmation semble la plus plausible, car il y a effectivement un endroit qui se nomme Milton en Angleterre. Par contre, la deuxième affirmation n'est pas justifiée. Il n'y a auune trace de Milton Reynolds à la colonisation, que ce soit dans les recensements, ou dans les contrats trouvés. Il se pourrait que la présence de Cécile Morissette, la femme la plus âgées à une réunion à Mawcook, ait influencé le choix du patronyme de Sainte-Cécile.

Les premiers colonisateurs

La donation des 85 concessions en 1803 a été faite à des immigrants ayant servi la couronne d'Angleterre. Quelqu'uns s'y établissent, mais peu de ces lots, semble-t-il, furent habités avant 1823. Ces anglophones colonisateurs viennent majoritairement d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande. Des Loyalistes, qui ont fui leur nouveau pays, les États-Unis, afin de rester fidèles à leur patrie anglaise, s'établissent au Canada. Quelque-uns obtiennent comme les précédents, des concessions dans le canton de Milton.

Au recensement de 1831, on dénombre 43 familles comptant 148 habitants.

De ces familles, plusieurs habitent sur une colline (appelée «Cap Rouge» par les francophones) où ils forment le premier village; Milton Corner, aujourd'hui le village de Sainte-Cécile. Surtout cultivateurs et défricheurs, ils érigent au moins une église et deux cimetières en ce lieu. On dénombre deux écoles anglaises. D'autres anglophones s'installent le long des rivières, entre autre près de la rivière Mawcook, principalement à la limite du canton de Milton et de Granby, ainsi que dans le premier, le deuxième et le troisième rang.

Plusieurs anglophones sont déjà bien installés et adaptés à leur nouveau «pays» lorsque les premiers Canadiens-français arrivent dans le canton de Milton. Il semble que leur établissement débute vers 1840, soit juste après la rébellion des patriotes. Les anglophones de Milton Corner et du canton de Milton devront s'ajuster à un nouveau voisinage: les francophones.

La majorité de nos colonisateurs français dans le canton de Milton proviennent principalement des villages de Saint-Pie, Saint-Dominique, Saint-Damase, ainsi que de la ville de Saint-Hyacinthe.

Seulement 11 ans après le recensement de 1831, le nombre de francophones établis dans le canton de Milton atteint plus de 50% de la population et plus de 90% de la population en 1852 (canton de Milton et de Roxton réunis). L'immigration anglaise, à ce même moment, semble à la baisse. pour ceux qui restent, ils doivent accepter leurs nouveaux voisins, ce qui n'est pas toujours facile. Car les Canadiens-français, assez nombreux, apportent avec eu une autre culture au Township et bouleversent les coutumes et les pratiques de la population anglaise déja établie.

Ces premiers colonisateurs français vivaient presque exclusivement de leur terre. Par contre, quelques individus pratiquaient un métier connexe, soit par intérêt, soit pour mieux subvenir aux besoins familiaux. C'est pourquoi on retrouve dans les recensements des cultivateurs forgerons, cordonniers, tailleurs de pierre, journaliers, etc. Grâce à eux, Sainte-Cécile-de-Milton connaîtra ses premières industries.

Vers 1834, on relate les premières participations à la vie municipale, et dès 1842, une première chapelle catholique offrait les services religieux. C'est en 1846, que l'évêque accepta le nom et la paroisse devint officiellement Sainte-Cécile-de-Milton.

Source: Album du 150e anniversaire

Rédaction: Isabelle Martin, Présidente du Comité de l'Album